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Réponse courte

Quelles sont les nouvelles mentions obligatoires à faire figurer sur les factures dès 2026 ?

Le décret n° 2022-1299 introduit 4 nouvelles mentions obligatoires applicables à la facturation électronique : le numéro SIREN du client assujetti à la TVA, l'adresse de livraison des biens lorsqu'elle diffère de l'adresse de facturation, la qualification de l'opération (livraison de biens, prestation de services ou mixte) et la mention expresse de l'option pour le paiement de la taxe d'après les débits.

Mentions Obligatoires sur Facture 2026

Rédaction Expert Facturation · lu en 10 min · mis à jour le 8 septembre 2026

L'entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique encadrée par l'ordonnance n° 2021-1190 et le décret d'application n° 2022-1299 du 7 octobre 2022 modifie profondément le formalisme documentaire des entreprises françaises. Codifiées à l'article 242 nonies A de l'annexe II au Code général des impôts (CGI), quatre nouvelles mentions fiscales deviennent obligatoires pour garantir l'interopérabilité des flux dématérialisés et le pré-remplissage automatisé des déclarations de TVA par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP). Le non-respect de ces exigences expose les émetteurs à un double régime de sanctions et amendes fiscales et commerciales particulièrement dissuasif.

1. Les 4 nouvelles mentions obligatoires imposées par la réforme 2026

Afin de permettre l'extraction automatique des données de facturation (e-invoicing) et leur transmission vers le Portail Public de Facturation (PPF) ou les Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP), l'administration fiscale a instauré quatre nouveaux champs obligatoires sur l'ensemble des factures B2B domestiques :

  • Le numéro SIREN du client assujetti à la TVA : Auparavant réservé aux échanges intracommunautaires (numéro de TVA intracommunautaire), l'identifiant SIREN (9 chiffres) ou SIRET (14 chiffres) du preneur devient obligatoire sur toutes les factures nationales émises à destination d'un assujetti. Il permet le routage algorithmique direct de la facture vers la plateforme de réception du destinataire.
  • L'adresse de livraison des biens (si distincte de l'adresse de facturation) : Dès lors que le lieu effectif de réception physique des marchandises diffère du siège social ou de l'adresse administrative de facturation du client, l'adresse de livraison complète (rue, code postal, ville, pays) doit être explicitement mentionnée dans le corps de la facture et mappée dans les données structurées (balise Buyer Delivery Address des profils EN 16931).
  • La catégorie de l'opération économique : Chaque facture doit obligatoirement qualifier la nature de l'opération facturée selon une typologie stricte : « Livraison de biens », « Prestation de services » ou « Opération mixte (livraisons de biens et prestations de services) ». Cette mention conditionne la détermination de la date d'exigibilité de la TVA pour l'administration fiscale.
  • L'option pour le paiement de la TVA d'après les débits : Pour les prestataires de services ayant opté pour le régime des débits (article 269-2-c du CGI), la mention expresse « Option pour le paiement de la taxe d'après les débits » devient obligatoire. Cette indication modifie le fait générateur et l'exigibilité de la TVA, qui intervient dès la date de facturation/débit et non lors de l'encaissement effectif.

2. Typologie des opérations et impact sur l'exigibilité de la TVA

La qualification de l'opération n'est pas une simple clause de style : elle constitue le pivot fiscal de la réforme. Le traitement de la TVA collectée et déductible diffère fondamentalement selon la catégorie indiquée :

  1. Livraison de biens corporels : L'exigibilité de la TVA coïncide avec la réalisation du transfert de propriété matériel (généralement la délivrance du bien). La TVA est exigible immédiatement chez le fournisseur et déductible immédiatement chez le client, indépendamment du paiement.
  2. Prestations de services (régime de droit commun) : L'exigibilité de la TVA intervient lors de l'encaissement des acomptes ou du prix global. Le client ne peut déduire la taxe qu'après règlement financier de la facture.
  3. Prestations de services avec option sur les débits : La TVA devient exigible dès l'inscription au débit du compte client (la facturation). Le client peut exercer son droit à déduction dès réception de la facture conforme.
  4. Opérations mixtes : Lorsque la facture agrège la vente d'équipements et des prestations de pose/maintenance associées, la ventilation des montants hors taxes et des montants de TVA correspondants à chaque catégorie doit être clairement individualisée sur les lignes de facturation pour éviter tout rejet par les plateformes de validation PDP.

3. Les mentions obligatoires fondamentales maintenues (Code de

Les nouvelles obligations s'ajoutent au socle préexistant fixé par l'article L441-9 du Code de commerce et l'article 242 nonies A de l'annexe II au CGI. L'omission d'une seule mention classique continue de vicier la validité fiscale du document :

  • Identité complète de l'émetteur : Dénomination sociale, forme juridique, montant du capital social, adresse du siège, numéro d'immatriculation au RCS (suivi de la ville) ou au Registre National des Entreprises (RNE), et numéro individuel d'identification à la TVA (FR + 11 chiffres).
  • Identité complète du client : Raison sociale, adresse de facturation, et numéro de TVA intracommunautaire (obligatoire pour les opérations intracommunautaires et les opérations B2B en autoliquidation).
  • Numérotation séquentielle et chronologique : Numéro unique basé sur une séquence continue et sans rupture (la gestion par séries distinctes reste autorisée sous réserve de justification organisationnelle).
  • Dates clés : Date d'émission de la facture et date de la livraison des biens ou de la réalisation de la prestation (si distincte de la date d'émission).
  • Lignes de facturation détaillées : Dénomination précise du produit/service, quantité unitaire, prix unitaire HT, taux de TVA légalement applicable (ou mention d'exonération/autoliquidation de type « Autoliquidation - Article 283 du CGI ») et réductions acquises à la date de l'opération.
  • Conditions de règlement et mentions pénales : Date d'échéance du règlement, taux des pénalités de retard exigibles en cas de dépassement (taux BCE majoré de 10 points ou taux minimal de 3 fois l'intérêt légal), et indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € (article D441-5 du Code de commerce).

4. Checklist exhaustive des mentions obligatoires 2026 et sanctions

Le tableau ci-dessous récapitule l'ensemble des mentions requises sur une facture conforme aux normes 2026 (formats structurés Factur-X, UBL, CII) et les sanctions applicables en cas de non-conformité :

Mention obligatoire Fondement juridique Balise standardisée (Factur-X / EN 16931) Sanction en cas d'omission ou inexactitude
SIREN / SIRET du client Art. 242 nonies A CGI BT-46 (Buyer Identifier) 15 € d'amende fiscale par mention (art. 1737 II CGI)
Adresse de livraison distincte Art. 242 nonies A CGI BG-15 (Deliver-to address) Rejet du flux PDP + amende fiscale de 15 €
Catégorie de l'opération Art. 242 nonies A CGI BT-23 (Business Process Type) Rejet fiscal + risque de requalification de TVA
Option TVA sur les débits Art. 242 nonies A CGI BT-22 (Invoice Note - Code REG) Amende fiscale de 15 € + redressement exigibilité
Numéro séquentiel unique Art. L441-9 C. Com. BT-1 (Invoice Number) Jusqu'à 75 000 € d'amende administrative
Taux et ventilation de TVA Art. 242 nonies A CGI BG-23 (VAT Breakdown) Rejet de déductibilité TVA pour l'acheteur
Indemnité forfaitaire 40 € Art. L441-10 C. Com. BT-20 (Payment terms) Amende administrative (jusqu'à 375 000 € personne morale)
RCS / RNE et forme juridique Art. R123-237 C. Com. BT-30 (Seller Legal Registration) Amende pénale de 750 € (contravention 4e classe)

5. Sanctions fiscales et commerciales : le risque de non-conformité

L'inobservation du formalisme de facturation fait l'objet d'un cumul de sanctions fiscales, administratives et civiles :

Sanctions fiscales (Article 1737 du CGI)

L'article 1737, II du CGI punit toute omission ou inexactitude constatée sur une facture d'une amende forfaitaire de 15 € par mention manquante ou erronée. Le total des amendes applicables par facture est plafonné au quart du montant total de celle-ci. Si l'omission dissimule une opération fictive ou une fraude délibérée, une amende fiscale de 50 % du montant de la facture est appliquée (article 1737, I du CGI).

Sanctions administratives (Article L441-9 du Code de commerce)

La DGCCRF est habilitée à prononcer des amendes administratives en cas de manquement aux règles de facturation commerciale prévues par le Code de commerce. Les amendes peuvent atteindre :

  • 75 000 € pour une personne physique ;
  • 375 000 € pour une personne morale. En cas de récidive dans un délai de deux ans à compter de la première sanction devenue définitive, le montant maximal de l'amende est doublé (750 000 €).

Remise en cause du droit à déduction de la TVA

Pour l'acquéreur, la détention d'une facture irrégulière ou incomplète constitue un risque direct de redressement fiscal. L'administration peut rejeter le droit à déduction de la TVA figurant sur une facture non conforme si les omissions ne permettent pas d'identifier avec certitude le redevable légal, le taux appliqué ou la réalité de la prestation livrée.

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Questions fréquentes : Mentions Obligatoires sur Facture 2026

Si l'adresse de livraison est parfaitement identique à l'adresse du siège social ou de facturation du client, la répétition de l'adresse de livraison n'est pas obligatoire. Toutefois, dans les formats électroniques structurés (Factur-X, UBL), il est recommandé de renseigner automatiquement le bloc de livraison (BG-15) avec les mêmes coordonnées pour éviter les blocages lors de contrôles stricts de certaines plateformes partenaires (PDP).